Article d’un ancien Administrateur de la SEPANSO Pyrénées Atlantiques


Félicitation pour votre combat qui consiste à défendre le bien commun.

Que va-t-il rester de l’espace, des friches, des bois, et des terres agricoles ? Quand allons-nous décider de stopper notre hégémonie sur le vivant ?

Nous sommes les exproprieurs du sauvage. Mais un jour, qui sera peut-être trop tard, l’homme comprendra son erreur : avoir voulu, orgueilleusement, substituer à la nature sa propre vision, en bien piètre jardinier et en schizophrénique bâtisseur qu’il est. La nature est équilibre. Or, chaque fois que nous intervenons nous perturbons cet ensemble, au point de nous détruire aussi, sans nous en rendre compte.

Comment justifier un golf plutôt qu’une forêt, ou qu’une terre nourricière ?
Un golf n’a aucun intérêt pour l’humanité, il est gourmand en eau et en produits phytos.
Un gazon est stérile, tout le contraire de la friche qui est foisonnante de vie.

Comment peut-on bafouer la loi littoral, et massacrer la côte Aquitaine de Bordeaux à Hendaye, alors que nous avons sous les yeux les erreurs du passé, il suffit de regarder ce qui est advenu de la côte d’Azur pour comprendre.

Un jour viendra où les hommes chercheront l’espace, le calme, les régions les moins peuplées, où les sources ne seront pas sous canalisation, où il sera encore possible de scruter un ciel étoilé par nuit noire, de croiser un animal sauvage, de découvrir des herbes folles, des fleurs et des butineurs.

A Cestas, le maire considère qu’une bande verte entourant le lotissement compensera le bois détruit, car au final la surface sera équivalente. C’est une réflexion simpliste. Et malheureusement elle provient d’un élu, d’un décideur qui a un pouvoir d’exécution et malheureusement de destruction.
Il est temps d’appliquer un système où le peuple décide (cf, par exemple, le modèle de référendum Suisse).

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Où comptons-nous aller ainsi ? 50 millions de français en 1975, 70 millions aujourd’hui, 100 millions demain…?
Chaque fois que l’espèce humaine augmente, la faune et la flore recule, l’eau devient plus précieuse que l’or, l’espace se restreint dramatiquement, la pollution augmente, les espèces animales et florales disparaissent, les lois liberticides augmentent. Alors je pose la question : l’anthropocentrisme est-il bon pour l’espèce humaine ?

Notre réseau routier n’est-il pas suffisamment dense ? Nos villes ne comportent-t-elles pas suffisamment de logement vides ? Sommes-nous à court d’aéroports? Bien entendu que non!

Quelqu’un a-t-il réfléchi aux conséquences de l’urbanisation ? Celle-ci implique à chaque fois un bouleversement en profondeur du sol et une viabilisation (détruisant la faune du sol et du sous-sol, si utiles pour la vie, mais peu en prennent conscience), , elle implique aussi des éclairages (pollution lumineuse), elle implique encore des accès que l’on veut goudronner (surtout pas de piste en terre). Et à sa suite, elle attire la création de ZAC, ZI, avec les mêmes conséquences. Elle implique enfin des drainages (disparition des zones humides indispensables à diverses formes de vie). La liste des dégâts est malheureusement bien plus longue. Imaginons que nous décidions de détruire un bâti, enlève-t-on également son réseau souterrain ? Non ! Parfois même on laisse tout, l’apparent comme le non apparent, qui est pourtant bien présent, et l’ensemble constitue une plaie de plus dans la beauté du monde.

Le pays s’enlaidit. La France est défigurée. Qui peut considérer les panneaux publicitaires (véritable fléau visuel et moral), les zones industrielles aux entrées des villes, les bâtiments d’élevages des années 70 (fait de toit en éverite, de parpaings et de tôles) aujourd’hui abandonnés, comme non impactant sur l’harmonie des paysages et des bourgs ?

C’est d’un tout dont il faut tenir compte : le végétal, l’animal, l’homme et ses aménagements, dans un partage d’espace et une harmonie de vie.
Outre la nature indispensable dans les régions de montagne, de déserts ou de Causses, il est urgent de comprendre que la nature urbaine et périurbaine, vivante et diversifié, joue un rôle social de premier plan pour le citadin.

Tant que nous considérerons la nature comme un ennemi, ou du moins comme insignifiante, nous persisterons dans nos erreurs.

Un exemple, un seul : L’homme ne tolère pas le blaireau (Meles meles), accusant ce mammifère de creuser des terriers, alors que lui fait des caves, des catacombes, des égouts, des métros sous terrain, des centre commerciaux et des parkings souterrains, ou encore le tunnel sous la manche. Cela vous semble-t-il normal ?

Pour terminer je vous invite à lire cette extrait de l’ouvrage « Et la nature ? », écrit en 1943 par le philosophe, écrivain, naturaliste et artiste (graveur, sculpteur, peintre) Robert Hainard, Genevoix de son Etat, mais surtout homme du « monde plein » (titre d’un autre de ses livres) :

« Si les états intermédiaires entre la civilisation et la nature doivent disparaître de plus en plus, ce qui est sans doute favorable au rendement de l’un et de l’autre, il y a danger que les échanges se fassent moins bien. C’est pour cela que la nature devrait se ramifier vers la civilisation, qu’il devrait y avoir de nombreuses petites réserves facilement accessibles, où on puisse se rendre le soir après son travail, et puis de plus belles, et puis les toutes belles, qui ne pourraient pas être très nombreuses, qui ne pourraient être accessibles qu’aux plus dignes. il faudrait respecter autant que possible l’infinie diversité des climats, des faunes, des flores de telles façon que chacun puisse retrouver la nature de son pays, qu’on n’ait pas comme aujourd’hui à s’expatrier pour chercher une vrai nature. Travail magnifique qui peut être commencé aujourd’hui, dont le développement est imprévisible et à côté duquel le jardinage n’est que barbarie, tatouage… »

M.C.

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